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Printemps 2018 : apparition d'une véritable 4ème zone scolaire

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L'académie d'Orléans/Tours a été la première à modifier le calendrier scolaire pour le printemps 2018.
Désormais, 6 académies de la zone B ont pris position (5 changements, 1 maintien). Les 6 autres n'ont pas encore tranché.

De fait, on voit apparaître une véritable quatrième zone scolaire (très provisoire) pour les vacances du printemps 2018.
Pourquoi de tels changements, et surtout quelles conséquences peut-on en attendre ?

Pourquoi ce changement ?

Le calendrier initial des vacances de printemps pour la zone B s'étale du samedi 21 avril (après les cours) au dimanche 6 mai 2018.
Le problème ? Et bien tout simplement une semaine de rentrée qui sera perturbée par deux jours fériés (mardi 8 et jeudi 10 mai).
Pour éviter un fort absentéisme scolaire prévisible en raison de cette semaine ressemblant à un gruyère, certaines académies ont fait le choix de décaler les vacances de quelques jours (du mercredi 25 avril après les cours au dimanche 13 mai 2018).

Quelles conséquences ?

  • On peut d'abord redouter que certaines familles qui auraient déjà organisé leurs vacances fassent manquer 3 jours de cours à leurs enfants, du 23 au 25 avril. Difficile en effet d'annuler certaines réservations (logement, transport).
  • L'impact est également évident pour les professionnels du tourisme : les stations de ski redoutent une fin de saison gâchée (les chances d'avoir de la neige s'amenuisent quand les vacances reculent), les hôteliers, restaurateurs et autres stations vont devoir recruter plus longtemps (mais peut-être moins de personnel sur certaines semaines). Un véritable casse-tête à venir !
  • Les entreprises vont peut-être aussi être impactées, avec des salariés qui pourraient demander à changer leurs dates de vacances.
  • Enfin, les accueils collectifs de mineurs (ACM) tels que les colos et les accueils de loisirs vont devoir modifier leurs dates d'ouverture, ou renoncer à accueillir certains jeunes (pour les colos par exemple).

Combien d'enfants concernés ?

La zone B compte 12 académies. Voici un tableau qui présente le nombre d'élèves concernés :

Académie Primaire Secondaire Total des élèves
 Aix - Marseille  293 309  258 381 551 690
 Amiens  203 935  175 591  379 526
 Caen  138 816  124 820  263 636
 Lille  455 110  394 051  849 161
 Nancy - Metz  216 117  197 509  413 626
 Nantes  386 591  336 156  722 747
 Nice  194 782  174 110  368 892
 Orléans - Tours  253 717  217 351  471 068
 Reims  129 283  114 112  142 395
 Rennes  326 962  293 970  620 932
 Rouen  192 553  168 530  361 083
 Strasbourg  180 425  159 355  339 780

Source www.data.education.gouv.fr | données 2016/2017
Primaire = maternelle + élémentaire | Secondaire = collège + lycée

La zone B compte un total de presque 5,5 millions d'élèves.
Parmi eux, presque 2,5 millions d'enfants et d'adolescents vont voir leurs vacances modifiées.
2,5 millions environ sont encore dans l'incertitude (pas de positionnement officiel de leur académie).
Seuls les 930 000 élèves des académies d'Aix / Marseille et Amiens ont la certitude que leurs vacances ne seront pas modifiées.

On le voit, à 6 mois des vacances de printemps, la moitié des familles concernées ne peuvent pas anticiper leur programme.
Il en va de même pour les associations, organismes et entreprises qui permettent à chacun de partir en vacances : plusieurs millions d'usagers ou clients, ça n'est pas rien !

Il est quand même très étonnant que le ministère de l’Éducation Nationale ne se saisisse pas du dossier pour trancher définitivement et de manière globale pour l'ensemble de la Métropole.
(Pour rappel, la Corse et les DOM/TOM ne sont pas concernés par le calendrier scolaire national).

 

Les grands oubliés

Au final, comme dans la réforme des rythmes scolaires, ces changements démontrent combien les enfants sont les grands oubliés du calendrier.

Tout d'abord, on ne peut que s'étonner que le principal problème soulevé (une semaine de rentrée jalonnée de jours fériés) n'ai pas été pris en compte plus tôt : le calendrier scolaire étant établi environ 3 ans à l'avance, il était possible de "rattraper" ce problème bien avant la rentrée scolaire 2017.

Ensuite, on peut rappeler que le calendrier scolaire est sensé répondre à un rythme précis et régulier pour les élèves, alternant 6 à  semaines de classe avec une période de repos.
Hors la mise en place des zones scolaires répond avant tout à un besoin des acteurs du tourisme de voir leurs saisons étalées sur de plus grandes périodes.
S'il n'est guère possible de ne pas centrer les vacances de Noël sur les fêtes de fin d'année, il est évident que le secteur du tourisme a obtenu gain de cause en hiver et au printemps, depuis des décennies.
Et cet étalement des vacances se fait au détriment des élèves, avec parfois des périodes de travail réduites à 4 semaines à peine ou allongées jusqu'à 12 semaines en fin d'année scolaire.

Au final, au-delà de l'impression d'amateurisme et de manque de coordination qui se dégage de ce calendrier scolaire et de ces changements en cascade, c'est surtout la question de l'intérêt des enfants et des adolescents qui mérite d'être posée.
Bien trop souvent, ce sont le monde économique, les familles et les enseignants qui sont prioritaire sur l'intérêt des élèves. L'école devient alors un mode de garde, un partenaire économique ou un lieu de travail où les revendications (souvent légitimes) des personnels priment sur ceux qui devraient être au cœur de son projet.

À lire aussi, sur le même sujet : Calendrier scolaire 2017/2018 : changements au printemps [màj]


Merci à Mme Béatrice Coma pour l'information concernant l'académie d'Amiens.

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